PEINTURE

INTENTIONS

PROCESS DRIVEN PAINTING
Ma peinture est conduite, déterminée, motivée par son propre processus de création. Chaque étape détermine son évolution maîtrisée, ou accidentelle qui autorise des changements de perspectives tout au long de l'expérimentation. Ainsi la démarche reste volontairement déconstruite pour que le spectateur puisse s'approprier un chemin mental, créer son propre assemblage, son propre lien organique influencé par sa propre expérience. Ce procédé me permet de le garder non-résolu, un in-fini qui pose question et qui, de ce fait, est moteur de potentiel créatif.


PERCEPTION
Ma pratique de la peinture s'élabore la plupart du temps sur de grands formats de supports multiples, souvent avec des matériaux récupérés ou recyclés. Mon travail consiste, par des perturbations de la perception visuelle, en utilisant des techniques de masquage, des procédés de camouflage, en questionnant le matériau peinture, à créer des ruptures avec la perception usuelle. La finalité est de perdre le regard avec un certain nombre de contradictions, d'antagonismes, de déjouer les chemins logiques du cerveau, afin de plonger le spectateur dans une attention accrue à une autre réalité, un autre espace perceptif : celui de la peinture et de la création.
   

REFLEXIONS
Mes réflexions abordent les relations souvent débattues et qui à mon sens sont interconnectées entre le support et la peinture, entre les couches de peinture, entre profondeur et plan, entre représentation et présentation, entre la peinture et le peintre, entre le spectateur et la peinture, entre la peinture et l'image, entre réalité et perception, entre optique et haptique....
Je tente d'élucider la question de l'entre-deux, de cet espace indicible, impalpable, qui existe et qui se meut entre les pôles identifiés, de l'intervalle dynamique qui évolue, qui est en devenir...

POLYSEMIE
De mon point de vue, le sens de la peinture se nourrit de circonstances. Les liens communicants entre les écarts, créant des passages, des réticulations, offrent une multitude de sens nouveaux. Et c'est dans la multiplicité de ces relations, dans leurs différentes strates, dans la qualité de ces transmissions sans cesse informées par leurs trajets chaotiques sans début ni fin, que la polysémie de l’œuvre et sa singularité s'épanouissent. En s'échappant de son système, en débordant de sa propre signification, en cherchant l'alternative, en restant dans une mouvance insaisissable, la peinture se défait de toute entrave limitante et trouve sa raison d’être dans son caractère irrésolu.